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Phases successives du cycle missionnaire

Nous distinguons trois phases principales dans le cycle de vie du missionnaire :

  1. La phase « avant le départ » ou phase de préparation.
  2. La phase « sur le champ de mission »
  3. La phase de retour

1) La phase « avant le départ »

Nous identifions ici 4 domaines :

  1. Sélection
  2. Préparation personnelle
  3. Formation d’une équipe de soutien
  4. Orientation vers un champ de mission.

1.1) Sélection

Evaluation du candidat

Le but de l’évaluation est de recevoir des informations et un profil concernant la personnalité et les capacités de fonctionnement de la personne, ainsi que les caractéristiques de son comportement.

Le but de l’évaluation doit être clairement expliqué : un certain nombre de tests seront sélectionnés pour mesurer les caractères importants.

Il faut également tenir compte sérieusement de l’appel que la personne a reçu.

Les résultats de l’évaluation serviront à :

  • Avoir une image la plus objective possible de la structure de personnalité et du fonctionnement du candidat.
  • Identifier ses point forts et ses points faibles.
  • Aider le candidat à planifier sa carrière (en incluant sa carrière en mission)
  • Trouver la meilleure place pour le candidat (travail pionnier ou dans un cadre déjà fonctionnel).

Partager son appel avec ses responsables locaux.

L’église locale à laquelle appartient le candidat doit être intégrée au processus dès le départ. C’est au candidat de faire part de son appel missionnaire aux leaders de son église locale, et de le définir avec eux.

Pour un couple : mari et femme doivent avoir la même conviction que Dieu les appelle à partir dans tel pays. Les enfants aussi doivent avoir la possibilité de faire part de leurs sentiments.

Partager son appel avec une agence missionnaire.

Approbation par l'église et l'agence missionnaire.

Il est important que l’église locale donne son approbation pour accepter la responsabilité du missionnaire, pour l’envoyer et assurer son encadrement. L’agence missionnaire doit aussi confirmer si elle accepte ce candidat.

Cela demande du temps : il faut que de solides relations se construisent entre le candidat, les responsables de son église et ceux de l’agence.

Les leaders de l’église locale doivent communiquer à l’ensemble de l’Assemblée le statut de futur missionnaire et de sa famille : un culte peut être l’occasion de présenter la nouvelle famille missionnaire, de prier pour elle, pour aider l’église à s’approprier le projet dans lequel le missionnaire va entrer.

1.2) Préparation personnelle

Le plan spirituel

Le missionnaire devra être spirituellement formé et équipé avant de partir sur le champ. Il devra être prêt à faire face à des hauts et des bas.

Le missionnaire est appelé en priorité à une relation avec Dieu. Il est essentiel :

  • d’être bien préparé à savoir entretenir sa propre vie spirituelle lorsqu’il est sur le champ, notamment en situation de solitude.
  • d’être équipé pour mener un combat spirituel efficace.
  • d’être bien formé pour le type de ministère qu’il devra accomplir.
  • de savoir communiquer l’Evangile de façon efficace en milieu transculturel.

Le plan émotionnel

La préparation émotionnelle est étroitement liée aux résultats de l’évaluation du candidat. Les domaines à risques qui émergent pendant l’évaluation doivent être traités, si nécessaire en faisant appel à un spécialiste.

Attention : le missionnaire ne devrait pas être envoyé sur le champ avec des problèmes émotionnels non résolus.

Le plan familial

Quand une famille est sur le point de partir en mission, chaque membre doit être préparé.

Des informations doivent être collectées sur les conditions de vie dans le nouveau contexte.

Le rôle de l’épouse doit être clarifié dès le départ.

Les possibilités concernant la scolarité des enfants doivent être étudiées.

Le plan professionnel

De plus en plus de missionnaires servent le Seigneur avec leur profession, dans des pays qui sont traditionnellement fermés à l’Evangile. Ces faiseurs de tentes doivent faire preuve des meilleures compétences professionnelles, ils peuvent être soutenus par un « groupe d’intérêt ». Tout missionnaire peut avoir besoin d’augmenter ses compétences à un moment, et aura besoin de formation adéquate.

1.3) Une équipe de soutien

Constituer une équipe

Il s’agit d’identifier dès la phase de préparation, des membres de l’église qui sont prêts à s’engager pour soutenir le futur missionnaire. Différents secteurs de soutien sont à définir : la logistique, la prière, la communication, les finances, la profession, la préparation des retours, et le soutien moral qui est le fondement.

Cette équipe sera amenée à se rencontrer régulièrement par la suite et à s’élargir.

Donner une formation à cette équipe

Les membres de l’équipe de soutien doivent être formés, équipés, afin de bien comprendre leur rôle et le fonctionnement de cette équipe. Chacun doit choisir un domaine spécifique où il s’engage.

Une personne doit accepter la responsabilité de coordinateur de l’équipe de soutien.

Développer et étendre cette équipe avec le temps.

1.4) Orientation vers un champ missionnaire

Orientation transculturelle :

Le missionnaire finalise le choix de son champ de mission pendant la phase de préparation. Pour cela, il doit rassembler un maximum d’informations sur le champ qu’il désire choisir, les groupes ethniques et les groupes les moins atteints qui habitent dans ce pays, la langue et la culture de ces peuples. Il se renseigne également sur les agences missionnaires qui travaillent déjà sur place.

Première visite sur le champ :

Il est important que le futur missionnaire puisse faire une première visite de son futur champ d’action, si possible avec des membres de l’organisation missionnaire et de l’équipe de soutien.

Cette visite doit être bien planifiée, afin de glaner le maximum d’informations importantes. Si le missionnaire est appelé à travailler avec des églises et collaborateurs autochtones, il est important de les rencontrer et discuter lors de cette visite.

Le choix définitif - confirmation de l'envoi :

Après cette visite, une rencontre doit avoir lieu avec le futur missionnaire, les leaders de l’église locale et de l’agence missionnaire. Après synthèse, le choix du champ de mission et la place que le missionnaire occupera seront confirmés.

Un accord écrit (cahier des charges) qui précise les responsabilités, les engagements et attentes de chacun sera rédigé et signé par le missionnaire, son église locale, l’organisation missionnaire et éventuellement l’église présente sur le champ de mission.

2/ La phase « sur le champ »

2.1) Adaptation culturelle

Adaptation et orientation

Dès son arrivée sur le champ de mission, le missionnaire entre dans une phase d’adaptation et d’orientation. Tout est nouveau pour lui, il doit apprendre à fonctionner dans la nouvelle culture.

Etude de la langue et de la culture :

C’est le premier apprentissage du nouveau missionnaire. Comme un nouveau né, tous ses sens sont bombardés par de nouvelles sensations et observations. Et comme le nouveau né, il est prêt psychologiquement et émotionnellement à s’intégrer au nouvel environnement.

--> Le danger pour certains nouveaux missionnaires est celui ci : au lieu d’être exposés aux gens pour lesquels il sont venus exercer leur ministère, ils deviennent partie intégrante de la communauté missionnaire et de celle des expatriés, dans leur nouveau pays. La sécurité de la communauté missionnaire les isole rapidement, et ils n’ont pas l’occasion d’établir des liens profonds avec la culture d’accueil, ni de construire de relations profondes avec les nationaux.

--> L’apprentissage de la langue ne peut se dissocier de celui de la culture et des relations. Le nouveau missionnaire doit démontrer par son attitude qu’il est disposé à apprendre de la part des gens de la culture d’accueil. (ex : aller acheter avec eux – adorer avec eux)

--> Il faut compter au moins la première année à plein temps sur le terrain de mission, pour se consacrer à apprendre la langue et la culture. Les premiers temps passés dans la culture d’accueil sont très importants.

2.2) Encadrement et développement personnel en mission :

Sur le plan spirituel :

La plupart du temps, le missionnaire donne spirituellement beaucoup plus qu’il ne reçoit. Il est donc nécessaire de l’aider à entretenir sa vie spirituelle, notamment dans les domaines suivants :

Différents moyens pratiques pour se nourrir intérieurement (livres – plans de lecture de la

Bible – méditations et commentaires – cassettes d’enseignement - etc.)

Combat spirituel –

Méthodes concrètes permettant aux missionnaires de s’entretenir mutuellement –

Sur le plan personnel :

Cela concerne l’entretien physique, émotionnel du missionnaire, et sa croissance continuelle.

Pour la santé : prévention des maladies – contrôles réguliers de santé – des programmes de soins spéciaux en cas de crise –

L’encadrement émotionnel se situe à deux niveaux :

  1. L’équilibre émotionnel du missionnaire lui-même
  2. Ses relations avec les autres

Pour aider à la croissance personnelle, voici quelques suggestions :

  • Des ateliers ou séminaires réguliers, permettant au missionnaire d’acquérir de nouvelles compétences (résolution des conflits – gestion du stress – enrichissement de son mariage)
  • Des temps de retraite et des temps de loisirs en équipe
  • Faire un planning de vie personnelle pour l’avenir

Dans le domaine du ministère :

Quand le ministère se met en place et se développe, le missionnaire rencontre des besoins spécifiques. Il aura besoin de ressources : littérature – cours de formation biblique – matériel de projection – etc. Il aura aussi besoin de qualifications personnelles supplémentaires ou nouvelles, à mesure que son ministère évolue.

Dans le domaine professionnel :

Ceci concerne principalement les « faiseurs de tentes ». Ils pourront être aidés en supports pratiques (ressources, matériel spécialisé) par leur groupe d’intérêt.

2.3) Développement permanent de l'équipe de soutien :

La tâche de l’équipe de soutien s’intensifie quand le missionnaire est sur le champ, et cette équipe est appelée à grandir. Divers secteurs doivent se mettre en place : soutien pastoral – soutien pour l’exercice du ministère – soutien logistique – soutien dans la prière – communication – soutien financier – préparation des retours en congés ou retour définitif.

Le soutien moral du missionnaire est le fondement de tout ce système de soutien. Une communication régulière avec le champ de mission est nécessaire.

Le rôle du Coordinateur de l’équipe de soutien est essentiel pour veiller à ce que la tâche de soutien soit assurée le mieux possible.

3/ La phase de retour

Les retours en congés :

Ré-adaptation partielle à la culture d’origine :

Pendant son séjour en mission, le missionnaire a changé en tant que personne, de même que ses façons de faire. Même pour un court séjour en congé, il lui faut se réadapter au pays et à la culture.

Développer des relations :

Pendant son temps de congé, le missionnaire a la possibilité de visiter ceux qui le soutiennent et de renforcer les liens avec eux. Il est important qu’il ait des occasions formelles (rencontre publiques) et informelles (contacts personnels) pour rendre compte de son travail et de sa vie sur le terrain de mission.

De nouvelles relations vont aussi être établies, avec de nouvelles personnes et de nouveaux partenaires.

Temps de repos et de renouvellement spirituel :

A son arrivée, le missionnaire aura besoin en premier lieu de repos et de détente.

Il doit avoir pouvoir faire un Debriefing, un bilan de son activité et de ce qu’il ressent dans un endroit reposant, au cours de conversations confidentielles.

Cela doit être suivi par une possibilité de recevoir un apport spirituel dans sa vie personnelle (séminaire, retraite spirituelle, etc.). Attention de ne pas être sur-occupé pendant le congé, au point de ne pas avoir de temps pour « faire le plein » spirituellement !

Le retour définitif :

Ré-adaptation totale à la culture d’origine :

A son retour définitif, le missionnaire expérimente un « choc culturel » dans l’autre sens : il va devoir se réadapter. Lui-même a changé. Sa famille, ses amis et sa propre culture ont changé pendant qu’il était loin.

Le retour au pays ressemble à un deuil : ce n’est pas vraiment un retour « chez soi ». Le missionnaire expérimente que « chez soi » n’est plus vraiment « chez soi ». Il se perçoit comme un étranger dans sa propre culture, et il doit faire face aux changements qui se sont installés dans ses propres conceptions et valeurs. Il ressent souvent une impression de perte et de déception.

Trouver un nouveau rôle :

Le missionnaire doit trouver une nouvelle place dans son ministère, dans l’église, dans la société. Il doit se découvrir en tant que « nouvelle personne », qui est le résultat de tous les changements qui sont intervenus en lui, tout au long de sa vie en mission.

On distingue cinq types de réactions possibles parmi les missionnaires qui rentrent :

  1. Isolement
  2. Culpabilité
  3. Ré-évaluation spirituelle
  4. Problèmes de santé
  5. Retour anticipé sur le champ de mission -

Ré-intégration :

La vie du missionnaire retrouve lentement une stabilité. Il a réussi à intégrer son expérience missionnaire dans sa nouvelle vie, dans son pays d’origine. Cela peut prendre entre 6 mois et 2 ans, parfois plus. C’est un processus !

On peut parler de réintégration lorsque le missionnaire se reconnaît lui-même comme une nouvelle personne dans sa culture, et qu’il a trouvé un nouveau rôle dans son ministère, dans l’église et la société.

Pour un missionnaire qui prend sa retraite, la réintégration est atteinte quand il peut continuer à être occupé pour des choses significatives, et qu’il peut en même temps comprendre qu’il a encore un rôle à tenir dans l’église et la société.