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Transition au sein d'une organisation

Eléments majeurs qui interviennent lors d’une transition au sein d’une organisation

  1. Les structures de fonctionnement, les rôles des personnes au sein de l’organisation sont modifiés. On passe du « connu » à une phase de « confusion » et de remise en question des rôles.

  2. Chaque membre passe par une période de « chaos personnel ».
    « Chaos » décrit un état primaire de pure énergie, vers lequel chacun a besoin de retourner, avant un réel recommencement. C’est la vie en elle-même, lorsqu’elle n’est pas encore façonnée par des objectifs et des identifications.
    Le chaos engendre une désorganisation, mais il n’est pas forcément synonyme de pagaille ou de désordre !
    Comment peut se manifester ce chaos intérieur :
          - Anxiété - Perte de sécurité intérieure et des repères
          - Instabilité dans les émotions (ex : irritabilité soudaine)
          - Perte du sentiment de valeur personnelle (surtout si le « Père spirituel » est parti)
          - Perte du sentiment d’intimité personnelle et d’identité :
            Ex : Etre plus centré sur soi et ses besoins personnels que d’habitude
                Exagérer certains problèmes
                Incompréhensions dans certaines discussions – Susceptibilité
          - Désorientation

  3. Les relations entre les personnes se retrouvent brutalement modifiées : il va falloir les redéfinir et se réajuster les uns aux autres.
          - Redéfinir les rôles d’autorité et les relations entre « pairs »
          - Dangers : relations ambigües – les pouvoirs non-officiels ou parallèles - Jeux d’influence ou luttes de pouvoir - Rivalités

    Il est important d’officialiser assez rapidement une structure d’autorité provisoire, acceptée par tous, pour éviter les prises de pouvoir « souterraines ». D’un autre côté, une structure provisoire n’est pas faite pour durer !

  4. Chacun peut « rêver » et envisager des possibilités nouvelles pour son propre développement, qui n’existaient pas auparavant. C’est un temps d’opportunités. En même temps, rivalités, désir de s’affirmer, compétition, etc. peuvent se lever entre les uns et les autres.

  5. Chaque membre de l’organisation (ou de l’équipe) a besoin de vis à vis avec lequel il peut échanger en profondeur. Il y a un grand besoin d’être écouté. C’est aussi un temps favorable pour rechercher un mentor.

Voici quelques besoins particuliers qui peuvent émerger pendant cette période :

  • Prendre plus d’attention et de soin pour nos besoins personnels, prendre du temps pour soi-même, etc. Cela est la conséquence de tous les changements et du chaos que nous vivons, et du fait que notre « signifiance » aux yeux du monde extérieur est moindre.
  • Besoin d’apprendre et de se former dans des domaines spécifiques dans lesquels nous voulons devenir plus performants.
  • Nous trouvons en nous des potentiels qui sont restés en sommeil, et nous voulons les développer. Nous entrons dans une nouvelle saison de notre vie : il nous faut de nouvelles semences, pour une nouvelle croissance.
    La zone neutre est « un temps de vide fertile », en vue de construire notre avenir !

L'expérience de la fin d'une période

La fin d’une période est comme une mort, un deuil : elles est indispensable à la régénération, pour entrer dans une nouvelle dimension de vie.

  1. C’est une période de désengagement.
    Désengagement par rapport au contexte dans lequel nous évoluons et nous sommes connus. Nos rôles et nos modes de fonctionnement sont bouleversés. C’est le début d’un processus.

  2. Une perte d’identité.
    En brisant nos anciennes connections avec « notre monde », nous perdons les moyens habituels qui nous permettent de nous définir. Nous ne sommes plus tellement sûrs de savoir qui nous sommes.
    La perte de l’identité est l’aspect intérieur du processus de désengagement. Il nous est nécessaire de desserrer les liens de « qui nous pensons être », pour entrer dans le processus de transition et évoluer vers une nouvelle identité.

  3. Un désenchantement ou une perte d’illusions.
    (Cela ne signifie pas être désabusé ou désillusionné) En prenant de la distance par rapport à la réalité de notre monde habituel, nous découvrons que ce dernier n’existe pas réellement comme nous le pensions. Il y a une différence entre ce que voulions ou affirmions être, et ce que nous étions réellement.
    Pour changer réellement, en profondeur, et non pas seulement changer de rôle, je dois admettre qu’une partie significative de mon ancienne réalité était seulement « dans ma tête », mais pas dans les faits.

      • Beaucoup de transitions commencent par cette phase de désenchantement.
        Ce qui est ancien doit être absolument clarifié, pour céder la place à ce qui est nouveau.
        → La perte des illusions est un signal indiquant qu’il est temps d’aller explorer en dessous de la surface, et chercher plus loin que ce qui « semblait être ».

      • Celui qui est désenchanté reconnaît que l’ancienne vision était suffisante en son temps (l’ancienne réalité), mais qu’elle ne convient plus aujourd’hui, alors que celui qui est désabusé nie globalement l’efficacité de l’ancienne vision.
        Celui qui est désenchanté ira de l’avant, à partir de constats réalistes. Celui qui est désabusé s’arrête, puis rejoue la même pièce de théâtre en changeant seulement les acteurs ( par ex : il change de patron ou de conjoint, sans changer son ancien mode de relation plein d’illusions).

  4. Perte d’orientation.
    Nous perdons nos moyens de nous orienter par nous-mêmes, et nos capacités à nous diriger vers l’avenir. C’est quelque chose d’angoissant !
    Dans la désorientation réside le potentiel d’être « suffisamment perdu pour se retrouver ». On ne distingue les effets positifs de la désorientation que rétrospectivement : sur le coup, c’est plutôt le vide et la confusion ! Avant de retrouver un nouveau « quelque chose », il faut affronter un temps de « rien ».