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Caractéristiques de la génération X

(D’après le livre : « POSTMISSION » écrit par Richard TIPLADY - Paternoster Press 2003)

La plupart des X’ers (personnes nées entre 1965 et 1982) ont du mal à trouver leur place dans la culture et les structures mises en place par leurs prédécesseurs (« Baby-Boomers », nés entre 1945 et 1962-64).

Ces tensions ne sont pas simplement un phénomène isolé ou passager : elles sont en fait la manifestation d’un large changement culturel en occident pendant cette période, le passage de la culture « moderne » à la culture « post-moderne ». L’Eglise, comme tout le reste de la société, est fortement affectée par ce changement majeur.

Considérons que les attitudes « classiques » que nous trouvons dans l’Eglise et dans la Mission, sont avant tout le reflet de la culture de ceux qui ont façonné le mouvement missionnaire moderne.

Comment ceux de la génération X se perçoivent-ils ? A quelles valeurs fondamentales adhèrent-ils ?

Chaque génération définit ses valeurs, lesquelles influencent sa conception du monde (Worldview). Des conflits de vision du monde interviennent lorsqu’une génération ne parvient pas à comprendre d’où vient l’autre génération.

« Souvenez-vous qu’une personne peut être complètement dans l’erreur, mais elle ne le pense pas. Ne la condamnez pas, essayez de la comprendre… Il y a une raison pour laquelle l’autre personne pense et agit comme elle le fait. Allez rechercher cette raison – et vous aurez la clef pour comprendre ses actions, peut-être même sa personnalité. » - Dale CARNEGIE -

1/ Nous voulons être nous-mêmes et développer notre propre identité.

La culture moderne (et il en est de même pour l’Eglise et la Mission moderne) ressemble à une « machine à fabriquer les saucisses » : on met toutes sortes d’ingrédients à l’entrée, et après un grand brassage, il ressort à l’autre bout de la machine un lot de saucisses toutes identiques !

→ Nous ne voulons pas être entraînés dans quelque chose qui ne correspond pas à ce que nous sommes.

Beaucoup de X’ers se sont sentis pressés pour se conformer à quelque chose qu’ils ne sont pas : dans la famille, dans les études et la profession, par les médias, dans l’église ou la mission. Le société moderne a fabriqué et promu un certain modèle de réussite, auquel tous doivent se conformer. Ces idéaux ne sont pas mauvais en soi, mais ils correspondent à une tournure d’esprit, et ils pénalisent ceux qui se sentent appelés à autre chose.

2/ Nous sommes flexibles, nous aimons notre liberté.

Nous aimons être souples. Pour une majorité de X’ers, le travail est seulement un moyen pour arriver à un but. Nous travaillons pour vivre, et non l’inverse. Il n’y a pas de problème pour travailler de 8H à 15H, mais ensuite nous voulons disposer du temps pour faire des activités que nous aimons.

Nous aimons inclure le loisir avec notre travail (aimer faire ce que l’on aime, et être payé pour cela – exemple du sport professionnel).

Les X’ers ne se cramponnent pas aux règles familiales ou sociales comme le faisaient les Boomers (Ex : la femme peut travailler au dehors, et l’homme s’occuper de la maison).

Pour nous : « pourvu que ça marche » et alors nous le faisons ! Nous avons vu les Boomers sacrifier leur famille, leurs relations et leur santé, pour la course à l’argent. Nous avons vu les effets du « burn out » chez plusieurs, et nous disons : « Cela vaut-il vraiment la peine ? »

Nous accordons plus de valeur à notre liberté qu’aux pièges de la richesse. Les Boomers pensaient qu’ils étaient libres parce qu’ils avaient « la liberté de choisir : choisir de sacrifier famille et santé pour poursuivre la richesse. »

Nous pensons que nous sommes libres lorsque nous faisons des choix qui nous conduisent dans un état de liberté : « Je choisis de préserver les choses que j’aime dans la vie, tant pis si je ne deviens pas riche ! »

3/ Nous recherchons de nouvelles expériences et des changements positifs.

Les X’ers sont toujours en recherche d’expériences nouvelles (sports, loisirs, etc.). Nous ne voulons pas seulement voir les professionnels faire leurs affaires, mais nous voulons aussi y aller : si eux peuvent le faire, je dois pouvoir faire aussi bien ! - (Voir la « TV - Réalité »).

Les X’ers aiment voyager, ils aiment se plonger dans les autres cultures du monde . Ils aiment avoir un effet positif sur ceux qui sont dans le besoin (Beaucoup partent comme volontaires). Ils ne se limitent pas à rester des mollassons devant la TV : ils veulent aller sur le terrain, s’impliquer.

Ils aiment voir des changements significatifs, surtout si cela concerne des gens avec qui ils sont en contact.

4/ Nous savons nous adapter.

Notre monde est en perpétuel changement, aussi cela ne nous inquiète pas si ce monde sera encore différent demain. Nous savons nous adapter aux situations et oublier ce qui était avant.

Nous avons grandi dans un monde façonné par des médias séculiers et post-chrétiennes : cela nous a appris à supporter toutes sortes de choses. ! Quand les choses changent, nous changeons avec elles !

Vivant à l’ère de l’informatique, nous ne redoutons pas les technologies du futur, parce que chaque nouvelle technologie nous enseigne comment on peut l’utiliser.

5/ Nous sommes rongés par le doute sur nous-mêmes - Nous mettons en question nos propres compétences, ainsi que celles des autres.

→ Bien qu’étant enthousiasmés par les nouvelles possibilités et les promotions, nous doutons de nos capacités à atteindre le niveau. Nous avons besoin d’être encouragés, et que l’on nous confirme que nous pourrons y arriver.

Beaucoup de X’ers ont peur d’échouer, et ils mettent souvent cela en rapport avec un manque de développement personnel. Ils fuient les honneurs publics, avec une sorte de timidité.

→ « Cela semble contradictoire avec notre enthousiasme pour entreprendre certaines activités à risques. C’est comme si nos doutes par rapport à nous-mêmes constituent un filet de sauvetage qui nous empêche de trop rechercher le succès : nous avons tellement vu l’ascension puis la chute de grandes personnalités, que nous avons tendance à emprunter le chemin étroit, ou bien à y aller en groupe, en sorte que la réputation ne repose pas sur une personne unique.

→ Pour le travail en mission transculturelle : nous sommes réticents à promouvoir notre style de vie, nous ne pensons pas avoir toutes les bonnes réponses pour les gens. Nous voulons prêcher Jésus seulement, et non l’idéologie occidentale.

6/ Nous aimons ce qui est vrai, réel, et authentique.

Même si cela nous conduit dans une expérience douloureuse, nous devons savoir la vérité. A la différence des générations précédentes, qui ont « glissé sous le tapis » beaucoup d’écarts de conduite, nous voulons faire face à la réalité. La génération X scrute au peigne fin la vie des leaders, comme jamais auparavant !

Nous ne croyons pas seulement à ce que les gens disent : nous attendons, et voulons voir ce qu’ils vivent. Nous ne nous contentons pas d’écouter la propagande du riche ou du plus célèbre : nous attachons plus d’importance aux histoires vraies, incarnées dans le réel, de gens normaux qui viennent de familles normales. (Exemple : les programmes de TV montrent de plus en plus des gens réels, avec leurs réactions, face aux situations concrètes qu’ils confrontent.)

Dans le monde chrétien : les années 80 et 90 ont révélé des scandales d’adultères terribles parmi les leaders chrétiens. Certains ont vécu de façon immorale pendant des années, tout en enseignant des valeurs chrétiennes et inspirant le peuple de Dieu. Beaucoup de gens ont été désillusionnés. Les X’ers ont quitté les églises parce qu’elles ont perdu leur tranchant pour annoncer le vrai Evangile de Jésus-Christ.

« Nous privilégions une foi expérimentale à une théorie du christianisme ». Les X’ers ont soif de vivre comme Jésus, entièrement consacrés à Sa cause.

(Symbole du film « BRAVEHEART » : William WALLACE (Mel GIBSON) meurt sous la torture en criant : « Freedom », plutôt que renoncer à ce pourquoi il a lutté)

7/ Nous désirons un apport constant d’idées dans notre vie.

Les X’ers sont pleinement ouverts aux concepts de l’encadrement individuel, du mentoring personnel par des gens stables et sécurisants. Même si apparemment « ils n’ont besoin de personne », ils insistent en fait pour avoir des « coaches », et plus que cela, des pères !

« Nous désirons que quelqu’un marche à côté de nous, qu’il nous apporte un flot d’idées nouvelles, qu’il nous donne des directions et envers qui nous sommes redevables. »

Beaucoup de X’ers ont une quête intérieure d’un père (ou quelqu’un qui pose des limites) qu’ils n’ont jamais eu - quelqu’un qui les pousse un peu en avant, au delà de leurs expériences, et les accompagne dans les endroits où lui-même est déjà passé.

Ils souhaitent recevoir un impact de la part de personnes de confiance, qui sont comme des modèles, qui n’ont pas peur d’être transparents ni de les remettre en face de la vérité si nécessaire. Ils veulent être compris, être encouragés, par des personnes qui s’engagent à partager leurs expériences, à la fois les bonnes et les mauvaises, et les leçons apprises.

« Nous ne voulons pas de gens qui nous disent ce que nous devons faire, mais des gens qui nous conseillent quant à nos choix et leurs conséquences. »

8/ Nous sommes cyniques – Il nous est difficile de faire confiance aux autres.

Par nos expériences de vie, nous avons appris à tout remettre en cause, y compris les principes, les lois et les idéaux de la génération précédente. De plus, nous sommes très sceptiques quand des projets ou des promesses sont annoncés. Autrefois, les gens croyaient simplement aux promesses qui étaient faites, et ils ne disaient rien si elles n’étaient pas tenues. C’est ainsi que les faux-prophètes ont pu continuer leur chemin joyeusement !

Nous, nous sommes plutôt du genre « à jeter le bébé avec l’eau du bain », et donc à lapider les prophètes. Nous préférons garder une certaine réserve et changer de chemin, si les choses ne se passent pas comme elles avaient été promises. Nous ne nous engageons jamais en plein dans la vision ou les schémas d’autres personnes. Nous avons tendance à éviter de prendre la première place !

Nous avons grandi avec le sentiment général que nous ne pouvons faire confiance à personne (Guerre Froide – Scandales politiques - Espionnage – CIA – etc.), même à nos alliés ! Les Soviétiques étaient-ils aussi méchants que les journaux les présentaient ? Et puis, avons-nous vraiment marché sur la lune ? Etc.

On a laissé les X’ers avec trop de questions sans réponses, et ils ont développé des « radars anti–confiance » qui se mettent en alarme dès que l’on entend des informations, des nouvelles, des promesses ou des prophéties qui leur sont adressées.

9/ Nous sommes tolérants et nous aimons la diversité.

Nous acceptons bien facilement le point de vue des autres et nous sommes ouverts pour des suggestions nous concernant. Cela ne signifie pas que nous avons un regard grisâtre sur la vie, mais nous voulons voir toutes les couleurs, pas seulement du noir et blanc.

Si quelqu’un croit autre chose que ce que nous croyons, c’est son choix ! Nous respectons la liberté de croyance chez les autres, et nous considérons que nous avons le même droit.

Les X’ers acceptent plus facilement le mélange avec les gens d’autres cultures. Ils sont plus capables d’entrer dans la façon de voir des autres personnes, et de considérer les choses avec leur perspective.

Le revers de la médaille est celui-ci : parfois nous sommes tellement tolérants à l’égard des idées et comportements des autres que nous ne nous opposons pas assez, et nous fermons les yeux sur la propagation de valeurs non chrétiennes dans la société.

« Quand la tolérance nous est imposée de nos jours, c’est souvent comme de l’indifférence. En fait, on nous interdit d’exprimer – ou de réellement défendre – une opinion, et on nous oblige même à cautionner n’importe quel comportement ou opinion chez l’autre ». (Kolakowski)

10/ Nous accordons de la valeur au vrai leadership, et non à une autorité contrôlante.

Pourquoi des jeunes se sont-ils engagés à suivre un homme comme Frère André (Open Doors) et à risquer leurs vies pour passer des Bibles dans des zones interdites ? Parce que cet homme est un vrai leader, qui dirige avec courage, et beaucoup ont suivi ce genre de direction.

A cause de leur éducation indépendante et/ou d’expériences abusives, les Xers voient le leadership d’une façon particulière :

  • Ils ont vu des adultes sacrifier leur famille et leurs amis dans leur quête de pouvoir ou de titres (dans la société comme dans l’église).
  • Ils ont aussi servi sous la direction de leaders qui pensaient et agissaient comme si leur autorité était synonyme de « Seigneurie suprême ».

« Nous attribuons de la valeur au leadership, mais pas envers des gens qui veulent régner sur nous à cause d’un titre ou d’une position ». S’ils doivent nous forcer à les suivre, ils ne sont pas des leaders !

(Citation de Wallace dans « Braveheart » : « Les hommes ne suivent pas des titres, ils suivent le courage. »)

Les X’ers sont disposés à suivre un dirigeant qui marche devant, mais ils réagissent quand on les oblige à faire quelque chose. Ils suivent facilement de bons dirigeants, notamment quand on leur permet de tenir leur place, et de faire ce qu’ils ont à faire de leur mieux.

11/ Nous aimons ce qui est communautaire, et sommes pleinement épanouis lorsque nousressentons le « sentiment d’appartenance ».

Les X’ers ont grandi dans un monde de plus en plus individualiste, façonné par la consommation et la compétition. Aussi, ils aspirent à quelque chose de plus profond que le réseau général de relations entre collègues et voisins. Ils ont besoin de ressentir la « communauté », que ce soit dans un club de sport ou de loisirs, un groupe de prière, ou un gang !

Ils se sentent libres d’être eux-mêmes dans une communauté restreinte, et permettent aussi aux autres d’être eux-mêmes sans faire d’histoires. Au sein d’un groupe de gens connus, ils « baissent leur garde » et sont détendus.

Alors que les Boomers sont en relation avec beaucoup de gens, les X’ers passent beaucoup de temps avec un cercle restreint d’amis. Ce sont des relations très importantes pour eux : elles nourrissent leur besoin « d’appartenir » à d’autres et d’avoir une présence significative pour eux.

Pourquoi la génération X doit-elle lutter pour trouver sa place dans l'église et la mission ?

Les gens de la jeune génération ont du mal à fonctionner dans les cadres établis par ceux de l’ancienne génération. Ils ont le sentiment de ne pas arriver à « s’ajuster ». Ils ressentent une pression à se « conformer » qui engendre de nombreuses tensions internes.

Il y a en arrière plan un conflit de « conceptions du monde », entre deux générations, entre modernisme et postmodernisme. Conflits et tensions ne sont que le reflet du choc de culture que vivent actuellement la société occidentale, et le monde en général.

1/ Attitudes face à l'autorité

→ Les X’ers n’ont pas un respect naturel pour ceux qui dirigent, ni la volonté de fermer les yeux sur les fautes de ces derniers ( alors que ceux de la génération précédente avaient une tendance naturelle à adopter une attitude positive vis à vis des figures d’autorité, et à fermer les yeux sur certains de leurs défauts, sans poser de questions).

Les X’ers supporteront à la rigueur pour un temps un leader qui manque de compétences, pourvu qu’il ne pose pas trop de problèmes. Mais ils n’apporteront pas leur soutien à un leader dont la position est sujette à controverse.

→ Les vétérans souhaitaient des leaders forts et sûrs d’eux-mêmes. Les X’ers préfèrent des leaders qui savent reconnaître leurs propres faiblesses et leurs échecs. Ils ne recherchent pas tant une figure de héros ou de père / mère, que quelqu’un qui se tient à côté d’eux, et qui va marcher avec eux comme un ami, pour le voyage vers la maturité personnelle et spirituelle.

Les X’ers cherchent des leaders suffisamment humbles pour reconnaître qu’ils n’ont pas toutes les réponses, et qu’ils ont besoin de la sagesse de tous ceux qui servent à leurs côtés, sans distinction d’âge.

→ Les X’ers ne regardent pas seulement à l’image ou à l’extérieur de celui qui est leader (alors que leurs prédécesseurs admiraient des leaders « exemplaires »). Ils accorderont plus facilement leur confiance à quelqu’un qui reconnaît ses fautes et ses faiblesses, et qui ne prétend pas être meilleur que les autres. Au moins, ils peuvent s’identifier à lui !

Le mot clef est celui de « l’authenticité » : les X’ers ne se laissent pas impressionner par l’extérieur. Ils préfèrent les leaders qui osent parler de leurs faiblesses, , qui se montrent abordables et dignes de confiance, qui prouvent concrètement qu’ils savent apprendre de leurs collègues, qui rendent compte sur leur propre comportement.

2/ Diriger la nouvelle génération : comment paître un troupeau de chats ???

Les leaders sont ceux qui mettent en place les règles, ceux qui définissent les objectifs, ceux qui déterminent comment ces buts seront atteints

L’attitude post moderne face au leadership.

→ Les X’ers sont très réservés et sceptiques face à l’autorité. Ils ne regardent plus les dirigeants comme des héros populaires ni des modèles à suivre. Ils n’ont pas de respect inné pour les leaders, ni de confiance aveugle en eux.

Les leaders doivent combattre pour maintenir leur crédibilité.

→ Il existe un antagonisme très fort entre les leaders « baby boomers » et la jeune génération. Les Boomers avaient une attitude dynamique de confiance en soi presque agressive, qui a conduit au progrès économique de la fin du 20ème siècle. Mais en même temps, leur attitude a engendré la destruction de l’environnement, la souffrance émotionnelle pour toute une génération d’enfants que les parents ont sacrifié au prix de leur succès personnel ou de leur liberté individuelle, ou encore l’exploitation du monde non-occidental.

→ Ainsi, les X’ers ont rejeté la plupart des valeurs de leadership que leurs prédécesseurs avaient mises en avant. Même s’ils se sentent souvent eux-mêmes incapables de construire un mariage stable, les X’ers accordent une grande importance au mariage, à l’amitié, aux droits de tous les hommes (y compris les femmes et les homosexuels), à l’environnement.

Même s’ils ne savent pas encore comment arriver à leurs objectifs, ils savent au moins que le chemin emprunté par les Boomers ne mène pas au bon endroit !

Chrétiens et Missionnaires ne devraient-ils pas être différents ?

Dieu s’attend à ce que Son peuple respecte les Autorités et leur soit soumises (Hébreux 13,17). Mais pas sous n’importe quelles conditions. Vois 1 Rois 11,31 / Luc 11,46

→ D’un côté, les jeunes chrétiens ont une prédisposition généralement positive envers ceux qui détiennent l’autorité sur eux, surtout ceux qui servent depuis des années en mission. D’un autre côté, il est évident que ce respect n’est pas inconditionnel, et s’il est perdu à un moment, il sera très difficile à regagner.

Pour la génération émergente, le respect se mérite et se gagne !

Les anciens doivent reconnaître que les vieux schémas de respect automatique pour « les vieux et les meilleurs » n’existent plus. Les leaders insensés, ceux qui abusent de leur pouvoir, ou encore ceux qui utilisent les Ecritures pour justifier peurs attitudes destructrices n’auront plus la confiance des plus jeunes, ni le « bénéfice du doute ». Ils seront dénoncés comme manipulateurs ou indignes d’être suivis.

→ Il semble que le monde des affaires et la culture séculière ont reconnu et admis ces changements bien avant le monde chrétien. Dans le monde du travail, un jeune qui sort de Formation avec des compétences sera immédiatement responsabilisé, on lui confiera d’emblée des tâches à accomplir, en partant du principe qu’il sait ce qu’il faut faire, et qu’il pourra demander de l’aide en cas de besoin.

En mission, les jeunes qui ont acquis des compétences dans divers domaines, supporteront très mal qu’on leur dise à leur arrivée sur le champ de mission : « Maintenant tu vas désapprendre tout ce qu’on t’a enseigné au Collège Biblique, et tu vas passer les deux prochaines années à apprendre auprès des plus anciens… »

→ En fait, les X’ers voient peu d’intérêt à « gagner le pouvoir » au sens où les Boomers le considèrent. Pour les X’ers, ceux qui détiennent le pouvoir n’ont rien d’exceptionnel, et le pouvoir en tant que tel n’est pas une valeur à rechercher. Par contre ils valorisent :l’influence – le fiat d’apporter quelque chose de plus aux autres – le respect. Les X’ers semblent désintéressés par la position d’autorité, mais ils ont de grandes attentes par rapport à la qualité du leadership.

Quel chemin pour aller de l’avant ?

Il est urgent de définir de nouveaux cadres pour l’exercice du leadership, dans un contexte culturel qui a changé !

Voici quelques valeurs et principes fondamentaux qui vont caractériser un leadership efficace au sein des prochaines générations :

  • Une attitude amicale, qui comprend le respect et le fait d’encadrer les personnes.

    Le vrai respect est issu d’un engagement de cœur envers les personnes et le désir de mettre en valeur les personnes pour ce qu’elles sont (et non pour ce qu’elles produisent ou pour ce qu’elles rapportent à l’organisation).

    Jean 15,15 : « Je ne vous appelle plus serviteurs… mais je vous appelle mes amis. »

    « Certaines barrières relationnelles doivent être abattues, pour gagner en qualité de relations et en crédibilité…S’ils ne se sentent pas acceptés et respectés, les jeunes ne seront jamais disposés à se soumettre au leadership de personnes ou d’organisations qui n’ont pas réussi à les aborder en tant que personnes. » (G. BARNA)

  • Le respect : Cela signifie croire que chaque personne a une contribution valable à apporter, et que le fait « d’apprendre » fonctionne dans les deux sens, quelle que soit l’expérience du leader. Ce dernier devra rechercher activement l’opinion de ceux qui sont en dessous de lui, et recevoir les critiques non pas comme une attaque personnelle, amis comme une tentative d’aide.

  • L’intégrité : Les X’ers sont très exigeants dans ce domaine. N’oublions pas que dans notre système d’éducation occidental, les enfants sont entraînés à remettre en question, rechercher les choses non-dites et démasquer l’hypocrisie !

  • Ouverture et Vulnérabilité : Le leader qui considère ses équipiers comme des amis saura partager avec eux ses joies et ses peines. Les jeunes n’ont pas besoin de connaître tous les détails, mais ils admettent les échecs et savent prier lorsque les difficultés sont là. (Voir l’attitude de Jésus avec ses proches – Matthieu 26,36)

  • Compétences pour la direction : Les X’ers ont besoin de leaders qui dirigent ! Mais cette notion sonne très différemment de ce que les anciens pensent.

    En respectant leurs jeunes collègues et en désirant apprendre d’eux, les leaders doivent notamment s’assurer que les décisions prises sont mises à exécution et réalisées jusqu’au bout. Dans le processus de prise de décisions, ils sont des facilitateurs qui tiennent compte de toutes les perspectives et points de vue, plutôt que des décideurs absolus.

  • Audace et Foi : Les X’ers ne sont pas des mollassons, comme on le présente parfois ! Les chrétiens postmodernes croient au surnaturel, ils croient en un Dieu surnaturel qui veut les utiliser pour marquer une différence dans leur génération, même s’ils ne se rallient plus aux slogans utilisés par leurs prédécesseurs pour manipuler les masses.